Eduard Tubin

Eduard Tubin (Estonie, 18 juin 1905 – 17 novembre 1982)

Après une exécution de sa 5ème Symphonie à Stockholm en 1979 par son compatriote Neeme Järvi, le critique musical suédois Carl-Gunnar Ahlen déclara à son propos: « Son heure viendra ». Et il est vrai que la reconnaissance d’Eduard Tubin fut enrayée par bien des circonstances défavorables. Alors qu’elle avait obtenu son indépendance contre les Communistes Soviétiques en 1920 suite au Pacte germano-soviétique signé en 1939, l’Estonie fut occupée par L’Union Soviétique en 1940 et sa vie musicale fut restructurée  d’après les idéaux soviétiques. Lorsque l’Allemagne déclara la guerre à l’Union Soviétique (1941), l’Estonie fut envahie rapidement par les Allemands, puis reconquise par l’Armée rouge en septembre 1944. Comme plusieurs dizaines de milliers d’Estoniens et par crainte de représailles, Tubin, sa femme et ses deux fils durent fuir vers la Suède. Là, bien qu’il y composa l’essentiel de son œuvre, sa musique passa relativement inaperçue. Pendant ce temps, de l’autre côté, ses œuvres furent interdites en U.R.S.S.. Lorsqu’en 1961, Tubin, désormais citoyen suédois, revint  en Estonie occupée pour l’exécution de sa musique, il fut  condamné par certains Estoniens en exil qui y voyaient une collaboration avec les autorités soviétiques. Il ne revint jamais habiter en Estonie. Lorsque Neeme Järvi fut nommé chef principal de l’Orchestre symphonique de Göteborg en 1982, il mit toute son énergie à enregistrer les Symphonies de Tubin, malheureusement après la mort du compositeur.

Comme plusieurs dizaines de milliers d’Estonien, et par crainte de représailles, Tubin, sa femme et ses deux fils durent fuir vers la Suède.

Avant son exil en Suède, Tubin eut une grande activité comme chef d’orchestre et de chœur et fut titulaire d’une classe de composition à Tartu au début des années 1940. Son catalogue compte notamment 11 Symphonies, 5 Concertos (2 pour violon, 1 pour piano), 2 Sonates pour piano, de la musique de chambre, des mélodies, des œuvres chorales, 2 Opéras, un ’Requiem pour les Soldats morts au combat’ et le premier (le seul ?) ballet estonien, ‘Kratt’.

Ses premières œuvres sont marquées par le sceau du postromantisme et de l’impressionnisme ainsi que par le folklore estonien (sur la recommandation de Zoltan Kodaly, Tubin eut un regain d’intérêt pour la musique populaire et durant l’été 1938, il recueillit  sur l’île de Hiiumaa des chansons folkloriques). Ensuite, durant sa période d’exil, l’expression tragique dans sa musique s’est intensifiée, son langage est devenu plus moderne, les harmonies plus  rudes, la rythmique plus violente, l’expression plus sombre (cfr. les Symphonies 5 à 8 qui comptent parmi les chefs d’œuvres de la musique estonienne). En Estonie occupée, son nom est devenu un symbole de bouleversement culturel et ses œuvres symphoniques ont exercé une influence capitale sur l’évolution musicale.

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